Januserie

Auteur : Liliane Lorent
Date de publication : 11/08/2018
ISBN : 978-2-9534938-Th-10.011

Liliane Lorent nous invite à découvrir, ici, deux pièces de théâtre :

I - L'heure des martyrs
Dans un face à face entre un présumé meurtrier et son bourreau en devenir, se dessine une question "qui est le meurtrier, qui est le bourreau ?".
Dans un jeu diabolique du chat et de la souris, les deux protagonistes vont s'affronter pour répondre à cette question angoissante.
Quelle en sera la réponse ?

II - Pour laver le sang
Sommes-nous des victimes potentielles ?
Sommes-nous tous des bourreaux en devenir ?
Qu’est-ce qui détermine nos actes :
Notre passé ?
Le poids de la pression médiatique ?
Le poids de la souffrance ?
Ne sommes-nous pas simplement des Dieux à deux visages, tels des Janus, divinités du changement et prêts à endosser alternativement l'un ou l'autre rôle ?
Que devient la justice lorsque les victimes se transforment en bourreaux et les bourreaux en victimes ?

Edité et distribué par Plume Service
8 rue du Général Despeaux – Malassise
60 390 La Neuville Garnier
et sur :
www.plume-direct.fr

 

Originaire de Charleroi, habitant au Grand-duché de Luxembourg depuis plus de 20 ans, détentrice d'un master en politique économique et sociale, maître et enseignante Reiki et LaHoChi, lithothérapeute, psycho-praticienne, thérapeute en constellations familiales, thérapeute en Access Bars, vegan, Liliane Lorent a exploré plusieurs mondes dans son parcours de vie. Le milieu médical, le milieu théâtral, le milieu juridique, le milieu pénal, le milieu associatif, le milieu des énergies subtiles ont nourri son écriture théâtrale, son écriture poétique et l'écriture de romans.
Considérant que la meilleure façon de défendre ses opinions est de les partager par la vérité, voire la fiction, elle nous livre ici ses considérations sur une société au bord du gouffre : la nôtre.

I – L’heure des martyrs

[…]
Nicolas : Je suis navré si j’ai commis un impair.
Voulez-vous que je vous laisse ?

Paul : Oui, merci.

Nicolas : (il se lève, fait deux pas, puis revient s’asseoir)
Je vous connais.
Paul : Vous avez un avantage sur moi, je ne vous connais pas.

Nicolas : Si, d’une certaine façon, vous me connaissez.

Paul : De quelle façon ?

Nicolas : Je vous expliquerai, c’est une très longue histoire.
Vous n’attendez personne, vous aurez le temps de l’entendre.

Paul : Si vous me connaissez si bien, croyez-vous réellement que j’ai envie d’entendre votre très longue histoire ?

Nicolas : Disons que c’est dans votre intérêt.

Paul : Est-ce une menace ?

Nicolas : Une menace ?
Allons, allons, ne jouons pas dans un mauvais film policier, ai-je l’air d’un tueur de la mafia ?

Paul : Je n’ai jamais rencontré de tueur de la mafia.

Nicolas : Grâce à Dieu mais vous connaissez sans doute le « parrain » ?

Paul : J’admets que vous ne ressemblez ni à Al Pacino ni à Marlon Brando.

Nicolas : Soit.
Je suis venu vous parler de vos filles.

Paul : De mes filles ?
Qui êtes-vous ? Comment connaissez-vous l'existence de mes filles ?

Nicolas : Je vous l'ai dit, je vous connais..
Vous voulez bien me parler d'Helena et Isabella?

Paul : Je ne crois pas.

Nicolas : Je ne serais pas là si ce n’était pas important.

Paul : Plus rien n’est important maintenant et vous le savez.

Nicolas : Il s’agit de justice.

Paul : De justice ?
Nicolas : De justice et de vérité.

Paul : Tout un programme.
Allez-vous-en.

Nicolas : Vous êtes ivre ?

Paul : Non pas encore.
Et en plus, cela ne vous regarde pas.

Nicolas : Laissez-moi vous parler, je ne suis pas dangereux, je n’ai pas d’arme.
Je n’ai que des mots.

Paul : Laissez vos mots près du bac à sable, j’ai une indigestion de bonnes paroles et de consolations. Que vendez-vous ?

Nicolas : Rien.

Paul : Mes filles sont mortes.
J’imagine que vous le savez.
Sinon, vous ne seriez pas ici.

Nicolas : Je le sais.
[…]

II – Pour laver le sang
[…]

Mary : Patrick, pourrais-tu s’il te plait tenir cette lampe droite !
J’ai l’impression d’être en ballade avec un parkinsonien !

Patrick : J’essaye, Mary… J’essaye…
Je te le jure. Je n’ai aucune prise sur mes mains.
Elles sont indépendantes de ma volonté.

Mary : Parce que tu as de la volonté, maintenant.
Nous allons vers un changement de paradigme en ce bas monde !
Ça va. J’y suis.

Patrick : Un para quoi ?

Mary : Tu ne comprendrais pas.

Patrick : C'est vrai, je n'ai pas fait d'études, moi.

Mary : Personne n'est parfait.

Patrick : Tu es parfaite ?

Mary : Non.
J'ai des réminiscences.

Patrick : Des quoi ?

Mary : Des souvenirs.

Patrick : D'accord.
Nous entrons ?

Mary : Non, nous restons dehors à faire la causette jusqu’au moment de son arrivée.
Tu viens !

Patrick : J’arrive, j’arrive.

Mary entre. Patrick la suit et s’avance vers le centre de la pièce. Mary referme la porte à clef et balaye la pièce avec une lampe de poche. Patrick se dirige vers les caisses pour les inspecter.

Patrick : C’est plutôt austère comme mobilier.
Il pourrait faire une publicité pour une marque bien connue. Comment meubler trois mètres carrés… avec un joli petit mobilier…

(Il semble attendre une réaction à sa réflexion qu'il juge spirituelle)

En tout cas je disais qu’il ne possède pas beaucoup de meubles mais par contre ...

(il ouvre une ou deux caisses)

... pas mal de bouquins.

(Il prend un livre et déchiffre le titre en se penchant vers la lumière de la lampe de poche)

Oh, celui-là, je l’ai lu.
C’est dur comme bouquin.
Difficile de s’y tenir mais difficile de le déposer.
Je voulais absolument savoir comment il se terminait et en même temps j’avais peur de le savoir.
Ouah.
Quelle sensation !

Mary : Tu arrêtes.
Ce n’est ni une visite guidée ni une journée littéraire.

Patrick : Je m’imprègne de l’atmosphère des lieux.

Mary : Oh pardon...

Patrick cherche un objet dans sa poche, il sort une cagoule et l’enfile. Il se retourne vers Mary.

Patrick : Qu’en penses-tu ?

Mary : À quoi tu joues ?
Patrick : Tu en veux une ?
J’en ai pris deux.

Mary : Je n’en vois pas l’utilité.

Patrick : C’est plus mystérieux avec la cagoule.
Plus inquiétant et plus rassurant.
[…]

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Lettres à Maria Pacôme et autres artistes

Prix: 1,00€

Hasard, coïncidence, prémonition ? C’est la semaine précédant la mort de Maria Pacôme que Laurent Gérard me soumit cette lettre qu’il lui avait envoyé. Fait rarissime chez l’actrice, elle qui ne répondait jamais à ses admirateurs, lui téléphona, impressionnée par cette missive….

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