Publié le

Le psy

Le psy, Cary Devilseyes, 29/09/2018

Auteur : Cary Devilseyes

Date de publication : 29/09/2018

ISBN : 978-2-9534938-N-2.112

Elle est là, chez le psy, s’interrogeant sur ses cauchemars. Mais une question étonnante du spécialiste va la faire réfléchir. Un texte de Cary Devilseyes qui vous laisse imaginer le scénario final… Gratuits – 5 pages
Inutile de chercher à savoir qui je suis. On prétend que ma personnalité est ambiguë et je ne contredirai pas.
Pourtant, je suis d’un naturel plutôt gai et enjoué. Alors pourquoi ce besoin de vous entraîner dans mes cauchemars ? Qui sait ? Peut-être pour ne pas m’y enfermer seule.
J’aime écrire. Les mots glissent naturellement sous ma main et je ne les retiens pas que ce soit en prose ou sous forme poétique. Enfin poétique… si on aime les naufrages, les têtes coupées… Vous avez un imaginaire développé ? Alors ne me lisez surtout pas à la tombée de la nuit, en atmosphère tamisée et feutrée, vous pourriez passer une nuit agitée. Mes univers sont ceux du quotidien pourtant, je vous assure. Mais, comment dire ? Il semblerait qu’à un moment donné, une distorsion particulière nous fasse basculer dans un monde parallèle, un tantinet chaotique…

Parisienne de naissance, j’ai fui la capitale pour une vie plus calme à la campagne, loin du chaos et du bruit. J’oscille désormais entre la France et Haïti.

Le psy
Elle était assise en face de lui. Elle avait toujours refusé de s’allonger sur le divan. Elle ne s’en était jamais expliquée, mais il lui avait laissé cette liberté. Aujourd’hui, enfin, elle semblait plus agitée et prête à parler. Les séances emplies de silence semblaient tourner au passé, du moins provisoirement. Jusqu’à présent, elle s’était contentée de banalités. Puis la semaine précédente, elle lui avait confié un manuscrit en le priant de le lire. Ce qu’il avait fait. Il attendait patiemment, observant son agitation intérieure et les mouvements compulsifs de ses jambes qu’elle balançait tantôt à gauche, tantôt à droite selon sa position. Elle était nerveuse. Peut-être le café. Elle prenait toujours une tasse de café dans la salle d’attente. La secrétaire veillait à remplir la cafetière à l’attention des patients. Il ne dédaignait pas, lui non plus, d’en boire un dans la soirée en attendant le dernier client. Il se taisait, lui laissant le temps de lancer sa première phrase.
- Qui est cette fille qui me hante ? Sur un mur, dans une boîte, elle est là qui m’observe.
- Toujours vos cauchemars ? - Cauchemars ! Oui, cauchemars où j’arpente les méandres boueux d’un inconscient qui m’échappe. Têtes coupées dans une vitrine, petite fille muette perchée sur un mur, bateau haché menu sur des récifs, monstres marins qui dévorent les naufragés… Cauchemars ! Entre rêve et réalité, je louvoie sur la ligne floue qui sépare la folie de la lucidité. Un monde la nuit, terrifiant, un autre le jour, presqu’aussi terrifiant. Tous ces crimes, tous ces viols, tous ces naufragés, toutes ces guerres. Qu’est-ce qui est cauchemar ? Qu’est-ce qui est réalité ? Les deux parfois se mélangent en moi. Ma vie se dédouble. Qui suis-je vraiment ? Quel parti dois-je prendre ? Celui de la nuit ? Celui du jour ? Cette louve sauvage, mais qui sauve un bébé ? Ce loup acharné à s’en déchirer les pattes pour dévorer cette humaine enfermée dans une cabane ? Cet homme perdu entouré de squelettes…
Le psy
Le psy

Laisser un commentaire